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Crédit photo : Webmyart - www.webmyart.com/

Assister à un concert de Jazz est un peu particulier. D’abord à cause de son public,  qui frise plutôt la cinquantaine en moyenne que la vingtaine, et du cadre étriqué voire confiné des clubs de Jazz qui veut que pour l’écouter il faille être en petit comité et si possible être entre fins connaisseurs. 

A titre personnel, je réfute un peu cette façon de penser et de faire. Je suis particulièrement heureuse quand le Jazz se décline dans différents lieux et si possible ouverts, démesurés même (comme le font les Festivals spécialistes de ce genre de musique) et rien ne me fait plus plaisir que de voir le mélange des âges aussi. Je ne prétends pas avoir une culture musicale telle que je souhaite en exclure certains et en musique, je pense un peu pareil. Je suis venue à la musique Jazz sur le tard, en écoutant les artistes dit  classiques (Billie Holliday, que je vénère, Aretha Franklin, Nina Simone, Miles Davis, Charlie Parker que j’adore et j’en passe ... mais aussi des artistes plus récents et plus éclectiques comme Eric Legnini, Kyle Eastwood, China Moses, Raphaël Gualazzi, Horn Dogz, Juan Rozoff, Sandra N'Kaké, Trombone Shorty pour ne citer qu’eux, ou des artistes émergents que peu de personnes viennent voir). 

Alors quand je découvre un petit nouveau sur la scène du Jazz, c’est un peu la fête au village et encore plus quand cet artiste est un OVNI qui ne ressemble à rien de vraiment connu. Pour moi, auparavant le saxophone se résumait essentiellement à Manu Dibango (qui est un très grand Monsieur) qui n’avait pas été dépoussiéré depuis des lustres. C’est un peu par hasard que j’ai découvert Guillaume Perret. Assidue du Festival Chorus depuis un moment, quand je l’ai vu débarquer avec son saxophone jauni par le temps et bardé de fils reliés à une pédale d’effets, je me suis dit « Wohooo, je vais  être dépaysé, ça va être bon » … Pratiquement au pied de Guillaume Perret durant tout le concert, accompagné de ses acolytes sur scène,  j’en ai pris plein la tête et les oreilles pendant 45 minutes ! J’en suis ressortie tremblante et avec l’envie de partager tout de suite ce coup de cœur avec mes copines de concert. Sa musique est de l’ordre de la jouissance et des émotions démultipliées. La bonne idée de relier son instrument fétiche à une pédale d’effets pour démultiplier les sonorités électriques comme une guitare et la mesurer justement à l’aune des ses instruments électriques est carrément démentielle et opportuniste de la part de ce jeune musicien.

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Crédit photo : Enguerran Ouvray - www.enguerranouvray.com/

Et puis comment peut-on encore parler de Jazz pur et dur, si ce n’est dans l’intention, quand on écoute un concert de Guillaume Perret ? Pour essayer de m’en convaincre, je suis retournée le voir en Live, et la scène du Paris Jazz Festival 2013 au Parc Floral de Paris à Vincennes en ce 15 juin 2013 est vraiment un bel écrin. Petite découverte du lieu pour moi aussi, qui ne connaît le Château de Vincennes que sur les cartes du métropolitain ! En ce Samedi après-midi, ensoleillé et venteux, des familles et des enfants ont envahi la  place et profitent de la chaleur ambiante et de la verdure. Après le passage en caisse, je découvre après les arbres perchée en hauteur, la scène où se déroulera le concert.

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Le  public est plus que présent, et est venu en très grand nombre pour découvrir les artistes soutenus par l’Adami. Il y a beaucoup de personnes âgées  (entre 60 et 80 ans) mais également des personnes plus trentenaires et quelques familles venues en curieux. Le présentateur qui officie pour introduire Guillaume Perret dit des choses agréables et très justes sur la musique de Jazz et sur ces nouveaux talents en particulier  : Guillaume Perret ne peut être catalogué parmi les artistes de Jazz comme on l’entend de façon classique, car sa musique relève essentiellement d’une musique plus Rock et assumée comme telle ! Il insiste aussi sur le fait que Guillaume Perret et ses Electric Epic ont été encensés par la critique (Talent Jazz Adami 2013) depuis leur apparition  et à juste titre !

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Je m’installe sur une chaise en plastique blanche inconfortable mais la musique de Guillaume Perret et de ses Epic va vite me faire oublier où je suis. La scène est très grande, avec un auvent qui protège les artistes et les spectateurs. Guillaume apparaît seul sur scène avec le bec de son saxophone et nous fait une jolie démonstration audio-phonique du plus bel effet. Il ne tarde pas à empoigner son saxophone avant que ses musiciens ne le rejoignent sur scène. Guillaume Perret et les Electric Epic nous offrent une heure de concert épique justement, tout en densité, jamais mièvre, toujours sur le fil du rasoir, borderline quelquefois mais toujours avec une intensité démesurée qui vous prend un peu partout, aux tripes, au cœur, à la gorge, aux mains aussi.

On peut parler de jouissance musicale quand on entend les notes triturées du saxophone de Monsieur Perret, mixées joyeusement aux sonorités métal hurlantes des guitares électriques et magiques de Jim Grandcamp et Philippe Bussonnet, et rythmées de main de maître par Yoann Serra. Je reconnais entre autres des titres comme le dansant "Kakoum", le vertigineux et oriental  "Ethiopic Vertigo", le déchirant et prenant "Massacra", ou encore mon titre favori, le pénétrant et entreprenant "Shoe Box". La musique de Guillaume Perret et ses Electric Epic est un peu à leur image, jeune, décomplexée, hybride, sortant des sentiers battus, qui suscite un regard et un désir différent d’une musique Jazz renouvelée, c’est une musique puissante, fiévreuse, dévorante, qui vous consume jusqu’à ce que vous n’en puissiez plus, pantelant et désorienté.

 

Certains en lisant cette chronique diront que j’y vais un peu fort de café. Ils ont tort, je suis en deçà des émotions que procurent un Live de Guillaume Perret, en jeune virtuose du saxophone, et de ses excellents musiciens, et il est grand temps que vous veniez le voir sur scène pour vous en rendre compte par vous-même ! Après le concert, Guillaume Perret va à la rencontre de son public et dédicace son CD sobrement dénommé « Guillaume Perret & Electric Epic » et surtout le tout nouveau et tout beau EP 2 titres « Doors » disponible en format vinyle Série Collector Limitée (et en numérique sur les plate-formes digitales légales) – Label TZADIC 2012 (le premier chef d’oeuvre de Guillaume Perret & The Electric Epic «Brutalum Voluptuous» est encore disponible). Je repars avec les miens, dédicacés qui plus est, et inutile de dire qu’ils tournent en boucle …

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Guillaume Perret sera en tournée dans la plupart des Festivals cet été, ne vous en privez pas !  Vous pouvez retrouver les photos du concert sur ce DIAPORAMA en cliquant sur le lien.  En savoir plus :

Site Officiel : http://guillaume-perret.fr/
Facebook : http://www.facebook.com/electricepic/
Myspace : http://myspace.com/guillaumeperret 
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