Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report

Il y a des signes qui ne trompent pas. Je me souviens être rentrée le vendredi soir de concert en maugréant parce que j'avais loupé l'émission de Nagui. Premier réflexe (avant de revoir le replay le lendemain), je checke Twitter au moment pile où je tombe sur le nom de Kimberose et des commentaires dithyrambiques à son égard. Je ne connais rien de cet artiste, et la curiosité piquée au vif, je m'en vais écouter de suite les vidéos sur les internets.

Quelle surprise de voir une jeune femme, toute mince, à la fragilité apparente, avec des cheveux en crinière qui lui mangent le visage, de grands yeux noirs et ronds  avec une voix hors normes qui me rappelle pêle-mêle, Billie Holiday pour le côté écorché, et Amy Winehouse pour les intonations et la fragilité. En tous cas, Kimberose est loin de laisser indifférent. Il se dégage de sa personne non seulement une spontanéité touchante, qui émane de cette Soul chaleureuse qu'elle interprète, mais aussi un charisme naturel et une douceur dans le groove qui séduit immédiatement.

En l'écoutant, je suis frappée par sa ressemblance vocale avec la regrettée  Amy Winehouse à ses débuts, mais aussi dans la gestuelle, sa moue (et le grain de beauté à la commissure des lèvres), cette fragilité apparente, et la façon d'interpréter les chansons. Tout semble la relier à cet artiste incroyable. Je suis conquise comme des milliers de téléspectateurs par cette artiste sortie de nulle part. 

Je veux en avoir le coeur net en concert, là où la scène ne trompe personne. Second signe. Le groupe Kimberose joue bientôt à Paris, où elle présente son premier EP 4 titres  "It's probably me" (Freedonia Entertainement/Sony) avec les chansons qui l'ont fait connaître dans la fameuse émission de télé. En particulier le titre "I'm sorry" qui n'est pas sans me rappeler la chanson "Stronger than me". Troisième signe, le concert à l'Entrepôt, qui est complet de chez complet, a lieu un Vendredi 13 et la ligne 13 du métro vous amène à la salle.

Une fois sur place, il y a déjà une file d'attente dans l'escalier. Le public présent est constitué à la fois de fans de la jeune femme qui la suit depuis ses débuts, mais surtout un public qui l'a découverte à Taratata. Un monsieur me demande si c'est bien ici que joue Calypso Rose ... Après un fou-rire, je m'empresse de rectifier le tir sur le nom du groupe. Autant les jeunes que les personnes plus âgées veulent absolument écouter Kimberose et retrouver cette émotion qui les a saisis devant leur TV. Croyez-moi, ils vont être servis !

Ses musiciens arrivent les premiers sur la petite scène de l'Entrepôt : Anthony Hadjadj à la guitare, Alexandre Delange aux claviers, Frédéric Drouillard à la batterie ainsi que François, à la contrebasse et à la guitare basse (dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom) vont l'accompagner. C'est sous les acclamations que la chanteuse de Kimberose qui répond au nom de Kimberly Kitson Mills, arrive dressée sur des talons compensés d'au moins 15 cm (alors qu'elle est déjà immensément grande),  et drapée d'une courte robe avec des manches en dentelle noire. Sa robe contraste avec sa longue et épaisse chevelure blonde tombant sur ses épaules, qui encadre son visage fin et surtout ses grands yeux de biche noirs qui lui donne un regard impressionnant et perçant.

Dans la vie, Kimberly Mills est une jeune auteure, compositrice et interprète de 26 ans, d'origine anglaise par son papa et ghanéenne par sa maman, qui vit en France. Fait notoire, Kimberly participe à la Nouvelle-Star en 2014. Mais cela fait déjà quelques années que Kimberose joue dans la région d'Alsace. Depuis un an, les choses bougent plus sérieusement. En avril dernier, Kimberose enregistre son premier EP, puis décroche le titre de finaliste aux Inouïs des Printemps de Bourges 2017 local en Picardie. Soutenu par Fabrice Nataf (France Inter), Kimberose ne tarde pas à se faire connaître, jusque dans la petite lucarne en Septembre dernier où Nagui les présente dans son émission musicale.

Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report

Pour le moment, dans cette petite salle parisienne, pour démarrer le concert (qui sera en 2 parties), Kimberose reprend essentiellement les 4 titres figurant sur son EP. Ce dernier a été publié officiellement le 6 octobre en digital, mais il est disponible uniquement en physique le soir du concert. Tout d'abord avec la chanson, "Alone in my dreams", en mode chaloupé et qui permet déjà de plonger dans l'univers vocal de Kimberly et ses musiciens. Son claviériste Alexandre donne tout sa fougue sur ce titre, qui rappelle les sonorités du pianiste Ray Manzarek. Ce titre est suivi de près par une autre composition plus rythmée de son mini-album, la chanson "About us", sur laquelle je l'ai découverte sur le web (lors de cette session à revoir ici).

Déjà Kimberly donne de la voix, même si on la sent un peu impressionnée et remplie de trac de jouer devant autant de personnes (comme elle le dira après). J'aime le côté spontané de Kimberose qui joue avec une certaine décontraction et Kimberly qui remercie souvent le public d'être venu entre deux chansons. Un moment de douceur acoustique est bienvenu avec la chanson "George". Ce morceau en guitare-voix est juste sublime. Je suis troublée par ce moment empli d'émotion quand elle évoque le décès de son père dont on sent que sa perte la marque encore. 

C'est aussi dans les reprises qu'interprète un artiste qu'on devine les influences musicales. Vu la tonalité du concert, on imagine bien que Kimberose a été bercé par la musique noire américaine  et le jazz des années 50-60, sans oublier la musique pop plus comtemporaine. A l'image du superbe titre composé par Sting (en featuring avec Eric Clapton notamment) "It's probably me" que Kimberly reprend à la sauce Soul avec le son magnifique de la contrebasse en introduction. Kimberose arrive presque à nous faire croire que cette interprétation par son originalité est une de ses propres compositions.

nfin, la chanson mythique écrite et chanté par Sam Cooke, emblématique du mouvement des droits civiques, qui rappelle que le racisme est encore une réalité, et que le métissage (que ce soit celui de Kimberly ou d'autres personnes) est un des moyens de répondre à ce fléau.  On est traversé par de multiples sentiments quand on écoute Kimberose. Et celui qui vient immédiatement à l'esprit, c'est celui de l'Amour sous toutes ses formes, celui qui cajole, qui guérit, qui fait mal ou qui meurtrit...

Kimberose termine cette première partie avec le single qui les a fait connaître et qui est plébiscité par le public présent "I'm sorry". Une petite pause est donc bienvenue pour nous remettre de cette tornade vocale qu'est Kimberly, très bien accompagnée par ses musiciens qui donne vraiment corps à ce répertoire profondément Soul et RNB.

Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report
Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report

Le second set nous réservera bien des surprises. Kimberose délivre d'abord une chanson langoureuse "How Long", dans lequel Kimberly montre qu'elle sait déployer une douceur vocale, sensible, habitée, digne des plus grandes chanteuses noires américaines, comme Aretha Franklin. Le titre "Don't need no ring" est un peu dans la même veine. On se croirait presque dans un club de jazz des années 50, tant l'ambiance est chaleureuse. Chaque chanson est superbement accueillie par l'audience présente, qui ne perd aucune miette de ce show vocal et musical offert par Kimberly et ses musiciens.

Pourtant Kimberose a plus d'un tour dans son sac et n'hésite pas à ouvrir son champ musical  avec de nouvelles chansons que le groupe offre ce soir et qui figureront probablement sur son premier album. A l'image  de la chanson "Sweet Hope" et "I'm broke" qui sonnent de façon plus rythmée grâce à la batterie de Frédéric et plus pop grâce aux envolées de guitare d'Anthony et l'énergie d'Alexandre aux claviers. Ou encore le magnifique titre "Waiting for you" qui débute en piano-voix-contrebasse, d'une authenticité rare et dont la mélodie mélancolique est réellement touchante.

Pour ma part, je ne vois pas le temps passer et je suis surprise quand le groupe annonce la fin du concert. Le public ne s'en laisse pas compter et réclame Kimberose à corps et à cris. Fatalement, c'est avec son titre phare "Sorry" que le groupe fera son seul et unique rappel, encore plus intense que le premier, où le public manifeste bruyamment. Les musiciens se lâchent sans retenue (quel incroyable solo aux claviers), tout comme Kimberly qui assume un peu de lâcher prise pour cette ultime chanson, ce qui donne au morceau une profondeur et une émotion palpable.

Quelle joie de voir un public enthousiaste, conquis, qui montre tout son amour envers les artistes sous des applaudissements nourris. On se dit qu'on a bien de la chance d'assister à la naissance d'un talent comme Kimberose. La soirée se termine par une séance de dédicaces durant laquelle Kimberly et ses musiciens ont pu mesurer l'intérêt grandissant que leur porte le public. Vu comme c'est parti, ce n'est pas près de s'arrêter. On ne leur souhaite que le meilleur à venir et sur le blog on se fera un plaisir de suivre ce groupe vraiment attachant et talentueux.

Kimberose en concert à l'Entrepôt, live report

Vous pouvez déjà noter que le groupe s'attelle à son premier album attendu pour 2018 et qu'un concert au Café de la Danse est programmé à Paris le 23 mars 2018 (billetterie disponible sur ce lien). Kimberose sera également en concert le 5 novembre à Amiens au Charleston (Private Session, EVENT FB).

 

Plus d'infos  : Site Officiel - Facebook - Twitter

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