Guilhem Valayé en concert, live report

Ca devient presque une habitude. Déjà l’année passée, il a été un des premiers artistes avec lesquels j’ai effectué ma rentrée musicale (hors festival). Je veux parler de Guilhem Valayé, le chanteur du groupe éponyme de  3 Minutes sur Mer. Il développpe depuis quelque temps déjà son projet solo. Sauf que cette fois-ci, le projet semble avoir muri à la faveur de rencontres décisives. Après son aventure télévisuelle et la tournée 2016 avec son groupe en première partie des concerts de Zazie (dont les Folies Bergères et Le Bataclan), ce début d’année 2017 a été fructueux et l’été studieux. Au printemps dernier est paru le premier album studio du groupe « L’endroit d’Où l’On Vient » (PIAS/HYP) avec ses acolytes Samuel Cajal, Johan Guidou et Mathieu Lesénéchal (que je vous recommande chaudement). Puis, il a participé au projet Elles & Barbara auprès d’Edith Fambuena  ainsi qu’à la création  de « CINQ » (Loges Production) avec ses amis artistes Chloé Lacan (accordéon, Imbert Imbert (Mathias Imbert, contrebasse, voix), Valérian Renault ((guitare, voix) et Nicolas Jules (guitare, voix). Ce boulimique de musique a écumé de nombreuses petites scènes parisiennes et de Province, avec un public toujours fidèle au rendez-vous de ce grand gaillard Aveyronnais. 

Guilhem Valayé en concert, live report

Mais c’est surtout sa rencontre avec Louis-Jean Cormier (ex-leader du groupe Karkwa et qui officie en solo avec son dernier album « Les grandes Artères », interview à revoir ICI), qui a été un des prestigieux invités sur l’album des 3 Minutes sur Mer sur l’ébouriffant titre « Catapulte », qui a été le déclic pour que Guilhem Valayé donne corps à ce projet solo qui grandi lentement mais surement. Il a affûté les cordes de sa guitare, il a donné de l’épaisseur et une direction artistique à ses compositions personnelles et il a posé sa voix sur les bandes de son studio d’enregistrement au Québec cet été. Nous devrions avoir donc des nouvelles plus qu’encourageantes dans un proche avenir.

Pour le moment, en cette fin de journée pluvieuse, c’est dans un de ses endroits favoris à Paname (La Tête de Chou et ses patrons attachants et d’une gouaille sans pareille), que Guilhem Valayé nous a donné rendez-vous. On ne va pas se mentir, ça fait déjà depuis un moment que je suis le parcours de cet artiste atypique. Guilhem Valayé revient tout juste de son Aveyron natal, et avec sa fougue habituelle, on sent bien qu’il a été non seulement heureux de reprendre pied dans ses racines Aveyronnaises, au contact de la nature sans tous les objets connectés du quotidien, mais aussi que ce retour à la vie parisienne est nécessaire pour dévoiler au public l'état d’esprit différent qui l’anime, et nous faire emprunter son chemin musical qui déborde des sentiers habituels. 

Première nouveauté, Guilhem Valayé nous présente Edith sa nouvelle compagne, sa guitare électrique d’un rouge pivoine du plus bel effet. Si elle lui donne un peu de fil à retordre aux micros, elle lui permet de délivrer des sons que l'on ne lui connaissait pas et d’habiller de façon différente les compositions qu’il nous interprète. Coté compositions, c’est un joli et éclectique festival de chansons, entre tradition, nouveauté et modernité. Les fans fidèles reconnaissent avec bonheur les titres du groupe 3 Minutes sur Mer à la sauce acoustique et électrique. Dès le démarrage, « Pour partir », a donné quelques sueurs froides à Guilhem Valayé  mais lui a aussi donné l’occasion d’entrer dans le vif du sujet. L’artisan funambule est encore un peu en vacances côté textes mais il est bien présent côté cœur et presque intimidé par le public venu nombreux à la Tête de Chou.

Les chansons traditionnelles du répertoire de Guilhem Valayé « Déjà Loin », « Porcelaine », « L’optimiste », "Papillon", s’égrènent comme autant d’instants forts, intenses, et privilégiés qui nous entourent dans une bulle apaisante. Certains titres comme le superbe « A demain » et le bouillonnant « Catapulte » (avec les chœurs du public SVP !) ravivent en moi des souvenirs pleins de nostalgie et de tendresse. Puis, pour cette soirée de rentrée, Guilhem Valayé décide aussi de baptiser son cahier de textes, en nous interprétant ses compositions personnelles (dont les titres sont encore provisoires). D’abord l’intense et saisissant « Balcon », puis l’amusant et mutin « Aquarium », et le festif « Circus Humanus Est », qui sonnent comme de très belles promesses musicales pour le futur.

Il faut savoir qu’en concert comme dans la vie, Guilhem Valayé est une personnalité forte, qui n’a pas sa langue dans sa poche. D’abord par ses choix artistiques d’une chanson francophone authentique qu’elle soit française ou hors de nos frontières (comme il le dit souvent, son poumon droit est de l’autre côté de l’Atlantique, au Québec). Entre deux chansons, il a besoin d’exprimer son ressenti sur son retour à Paname un peu violent au regard du calme de son Aveyron chéri et tout en finesse sur la situation politique du pays depuis les dernières élections (on ne fera pas un dessin).

Derrière cette figure un peu bourrue, que les fêlures de la vie ne semblent pas avoir épargnées, se cache une âme un peu écorchée, toujours sincère, toute en sensibilité, qui met en exergue l’Amour avec un grand A, attise la chaleur des sentiments et croit en l’humanité dans ce qu’elle peut avoir de meilleur. Faire ce concert lui permet  de partager tout l’amour qui l’anime, qu’il reçoit, qu’il partage. Mais aussi de calmer ses doutes, de rendre supportable l’âpreté du quotidien pour lui donner la force d’avancer. Enfin, il remercie souvent de façon humble le public présent (pour certains depuis des années) pour sa fidélité. Il nous avoue que ce set de rentrée a un fil conducteur bien précis, celui de nous faire faire régresser des rives de l’âge adulte (le déclin, la rupture amoureuse, la solitude, les jours sans lendemain, la mélancolie), vers les plages de l’adolescence et de l’enfance plus futile, plus légère, plus puèrile à l'image du mélancolique « Fallait que ça passe ».

Pendant ce concert, Guilhem Valayé prend aussi un plaisir non dissimulé à reprendre les chansons d’autres artistes qu’il affectionne, et leur dédicace une admiration non feinte. Que ce soit pour Nicolas Jules et son titre délicat « Bétonneuse », ou pour Jean-Louis Murat et son poétique et mélancolique « Foule Romaine », qui lui va comme un gant, et plus surprenant, l’hyper sensible et émouvant « I Have Never Loved Someone » de My Brightest Diamond, qui le fait sortir de sa zone de confort « chanson française » avec une émotion palpable.

Même si le public présent a semblé être lové par moments dans une certaine torpeur, il a su se réveiller aux bons moments. Ce concert n’en a pas moins été une réussite, et Guilhem Valayé a passé haut la main son examen de rentrée musicale. A l’image du titre « 21 Hertz » en rappel, repris par les claquements de doigts de l’assistance, et la voix de votre serviteur en catimini. A n’en point douter, ce fut une très belle soirée qui augure de belles choses à venir pour cet artiste authentique.

Guilhem Valayé sera cet automne en concert en solo et avec le groupe  3 Minutes sur Mer.

Sep 16 - La station Hideout / Paris

Sep 29 - Le Royal / Paris

Oct 03 - Théâtre Edwige Feuillère / Vesoul

Oct 06 - O Gib  / Montreuil (avec 3 Minutes sur Mer)

Oct 20 - Le Forum Léo Ferré / Ivry Sur Seine

Oct 26 -  La station Hideout / Paris

Nov 17 - Le Forum Léo Ferré / Ivry Sur Seine

Nov 28 - Le Chat Noir / Nantes

Dec 08 - Le Forum Léo Ferré / Ivry Sur Seine

Plus d'infos :

Site web : www.3minutessurmer.com/

Facebook : Guilhem Valayé / 3 Minutes sur Mer

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