Morceaux de lune, nouvel EP et clip vidéo de DaYTona

Quand je reçois le nouveau clip de Daytona, Morceaux de Lune, tiré de leur nouvel EP du même nom disponible depuis le 12 décembre, je l’avoue je ne connais pas le groupe Daytona (le rock français n’est plus ma came depuis très longtemps, à quelques exceptions près, au moins depuis Téléphone, c’est dire).

 

C’est à la fois une chance et un regret. Un regret, parce que je découvre au fil des lectures et des écoutes que ce groupe Lyonnais, qui existe officiellement depuis 1999 (et feu du groupe Surfer Rosa), a une sacrée expérience scénique et musicale à revendre au travers de leurs 3 albums éponymes depuis 2000 avec « L’heure de vérité » (On aiR Muzik), puis en 2004 avec « La peau douce » (Polaris / Sony Music) avec Jean-Pierre Maillard de Dyonisos à la réalisation et enfin,  en 2010 avec « La parenthèse » (Surfer Rosa).

 

 

Dans les années 2000, Daytona est surtout un groupe promis à un brillant avenir. Force est de constater que ce groupe a vécu les moments heureux des débuts avec les 2 premiers albums, puis difficiles voire chaotiques avec le départ de 2 membres fondateurs du groupe, une traversée du désert de quelques années pendant lesquelles bien loin d’être abattu, Daytona a su relever la tête. Le duo restant, Jean-Luc Derobert (Chant, Basse, Claviers) et Sylvain Gallo (Guitare, Claviers) a été bien inspiré, a su proposer de nouveaux titres et valoriser de belles collaborations musicales sur l’album  “Parenthèse”, où sont crédités Nikko et Emmanuelle (ex Dolly), Simon Nodet (Rhesus), David Fanfare (Apple Jelly), et aussi Edith Fambuena (ex moitié des Valentins). Enfin, un regret de ne pas avoir pu les voir en Live plus tôt (pas encore). En 2014, Daytona propose avec un quatuor reformé un nouvel EP. Comment repartir presque de zéro après avoir été encensé par les médias et les critiques musicaux ?

 

J’ai écouté leur discographie abondante, surtout le dernier album, “La parenthèse” et bien sur le nouvel EP “Morceaux de Lune”. Une chance pour moi de découvrir de façon un peu vierge l’étendue de leur superbe musique, la force de leurs convictions (le magnifique 17 septembre, qui a tout mon respect - voir le clip vidéo coproduit par l'association ECPM à l'occasion du 30e anniversaire de l’abolition de la peine capitale en France qui a reçu  la bénédiction de l'ancien Garde des Sceaux Robert Badinter pour l'utilisation d'un extrait de son fameux discours abolitioniste prononcé à l'Assemblée Nationale en 1981), et leur volonté de continuer quoiqu’il advienne, de revenir dans le circuit musical avec leur nouvel EP 4 titres “Morceaux de lune”. A l’écoute, je n’ai pas zappé et bien au contraire, leurs compositions sont revenues en boucle comme une évidence. Bien sur, on retrouve les influences musicales qui ont façonné le groupe, anglo-saxonnes pour la plupart (My Bloody Valentine, Ride, Pixies, Radiohead, Sonic Youth, les premiers Cure) mais aussi la parole et une écriture francophone incisive et assumée (pas très loin d’Indochine notamment).

Morceaux de lune, nouvel EP et clip vidéo de DaYTona

Ces 4 titres sont cohérents avec ce que l’on a entendu du groupe précédemment, et c’est plutôt une bonne surprise : une section rythmique charpentée et omniprésente,  des mélodies accrocheuses, les guitares lancinantes et lascives qui font mouche, la voix rassurante et presque adolescente de Jean-Luc Derobert, aux textes un chouïa provocants, doux-amers et subliminaux.

 

"Morceaux de lune", ouvre le bal de fort belle manière. On ne va pas se le cacher, ce titre a des relents de Nirvana (Ode au refrain de “smells like teen spirit” quand on écoute les guitares), qui ne déplairait pas à un nouveau public. Je le dis aussi sans ambages, c’est mon titre favori de l’EP. Le tempo est efficace, le riff des guitares est bien en place, qui te prend bien là où il faut par l’oreille, et surtout des paroles évocatrices d’une transition (enfin) évacuée. La sensation forte d’avoir fait le grand saut vers un nouveau chemin, avec des mots forts comme “tous ces pleurs finissaient par me rendre sourd”, “je pliais comme une forteresse que l’on prenait d’assaut”, une sorte mise à mort musicale nécessaire pour transformer l’essai. Cette composition a toute la parure nécessaire pour devenir un joli tube. Quand au clip vidéo qui l’accompagne il est simplement magnifique. Il est réalisé par l’ami de toujours, Clément Thomas. Les images et les couleurs en demi teintes sont prenantes et habillent le titre comme un gant, la fleur qui s’ouvre à la façon du film Magnolia me parle, la présence féminine de la mort qui rôde, tout indique que le groupe abandonne ses fantômes, brûle et laisse derrière lui ses années de galère, pour renaître tel un phénix.

"Comment", sonne plus comme une requête. Avec des guitares et une rythmique plus linéaires mais néanmoins bien présentes, avec une sonorité qui semble aller crescendo pour finalement retomber. On a tendance à porter plus d’attention aux paroles, cette interrogation en mode répétitif qui voudrait nous surprendre, et finalement qui ne réussi pas totalement à me réveiller. Sur ce titre, je n’ai pas trouvé la clé pour être complètement envoutée.

 

Retour en douceur avec le titre “Ce soir là”, une chanson plus sussurée que chantée, qui invite à une écoute en fermant les yeux dans l’obscurité, une composition plus intimiste que l’on imagine écrite pour une femme à son amour. Une chanson entre sensualité et peur non avouée. La voix sensible et minimaliste tranche avec les guitares energiques et puissantes réhaussées par une rythmique qui te prend au coeur. J’aime ce mélange un peu improbable entre ces refrains contraires, comme une marée ascendante et descendante qui ne se rencontrent pas mais qui ont besoin l’une de l’autre. Deuxième coup de coup de coeur de l’EP en ce qui me concerne.

 

"Kasserine" clôt le nouvel opus de Daytona. Ce titre se démarque peu, se veut plus consensuel, plus pop, et me fait penser dans l’esprit et la voix à du Gaetan Roussel (Help Myself). On imagine bien les la la la repris en concert. Finies les paroles subliminales et torturées, ce titre est à mon sens plus arrondi aux angles et destiné à un plus large public. Ce n’est pas un défaut en soi, cette chanson s’écoute avec plaisir, l’esprit Rock en moins. L’originalité du titre a retenu mon attention, et j’ai appris par la même occasion que la bataille de Kasserine était un épisode de la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord qui a eu des conséquences dramatiques pour les troupes américaines sans expérience du feu qui ont été envoyées sur le terrain contre les Allemands en 1943 (dixit Wikipédia). Fin de la grande Histoire et début de celle de Daytona.

 

Ces “Morceaux de lune” auront eu au moins le mérite de mettre à nouveau la lumière sur un groupe sur lequel il faudra encore compter. Daytona n'a rien perdu de sa superbe, ni de son mordant. Il est des chemins qu’il faut savoir traverser toujours debout (en cela Detroit a ouvert la brèche) et il semblerait que Daytona se soit donné les moyens avec cet EP réussi. On leur donne bien volontiers rendez-vous sur les routes de France et de Navarre pour découvrir en Live cette nouvelle galette.

 

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Comment, sonne plus comme une requête. Avec des guitares et une rythmique plus linéaires mais néanmoins bien présentes, avec une sonorité qui semble aller crescendo pour finalement retomber. On a tendance à porter plus d’attention aux paroles, cette interrogation en mode répétitif qui voudrait nous surprendre, et finalement qui ne réussi pas totalement à nous réveiller. Sur ce titre, je n’ai pas trouver la clé pour être complètement envoutée.

 

Retour en douceur avec le titre “Ce soir là”, une chanson plus sussurée que chanté, que l’on écoute en fermant les yeux dans l’obscurité, une composition plus intimiste que l’on imagine écrite pour une femme à son amour. Une chanson entre sensualité et peur non avouée. La voix minimaliste tranche avec les guitares energiques et puissantes réhaussées par une rythmique qui te prend au coeur. J’aime ce mélange un peu improbable entre ces refrains contraires, comme une marée montante et ascendante qui ne se rencontrent pas mais qui ont besoin l’une de l’autre. Deuxième coup de coup de coeur de l’EP en ce qui me concerne.

 

Kasserine clôt le nouvel opus de Daytona. Ce titre se démarque peu, se veut consensuel, plus pop, et me fait penser dans l’esprit et la voix à du Gaetan Roussel (Help Myself). On imagine bien les la la la repris en concert. Fini les paroles subliminales et torturées, ce titre est à mon sens plus arrondi aux angles et destiné à un plus large public. Ce n’est pas un défaut en soi, cette chanson s’écoute avec plaisir, l’esprit Rock en moins. L’originalité du titre a retenu mon attention, et j’ai appris par la même occasion que la bataille de Kasserine était un épisode de la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord qui a eu des conséquences dramatiques pour Les troupes américaines sans expérience du feu qui ont été envoyées sur le terrain contre les Allemands en 1943. Fin de la grande Histoire et début de celle de Daytona.

 

Ces “Morceaux de lune” auront eu au moins le mérite de mettre à nouveau la lumière sur un groupe sur lequel il faudra encore compter. Il est des chemins qu’il faut savoir traverser toujours debout (en cela Detroit a ouvert la brèche) et il semblerait que Daytona se soit donné les moyens avec cet EP réussi. On leur donne bien volontiers rendez-vous sur les routes de France et de Navarre avec cette nouvelle galette.

 

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Comment, sonne plus comme une requête. Avec des guitares et une rythmique plus linéaires mais néanmoins bien présentes, avec une sonorité qui semble aller crescendo pour finalement retomber. On a tendance à porter plus d’attention aux paroles, cette interrogation en mode répétitif qui voudrait nous surprendre, et finalement qui ne réussi pas totalement à nous réveiller. Sur ce titre, je n’ai pas trouver la clé pour être complètement envoutée.

 

Retour en douceur avec le titre “Ce soir là”, une chanson plus sussurée que chanté, que l’on écoute en fermant les yeux dans l’obscurité, une composition plus intimiste que l’on imagine écrite pour une femme à son amour. Une chanson entre sensualité et peur non avouée. La voix minimaliste tranche avec les guitares energiques et puissantes réhaussées par une rythmique qui te prend au coeur. J’aime ce mélange un peu improbable entre ces refrains contraires, comme une marée montante et ascendante qui ne se rencontrent pas mais qui ont besoin l’une de l’autre. Deuxième coup de coup de coeur de l’EP en ce qui me concerne.

 

Kasserine clôt le nouvel opus de Daytona. Ce titre se démarque peu, se veut consensuel, plus pop, et me fait penser dans l’esprit et la voix à du Gaetan Roussel (Help Myself). On imagine bien les la la la repris en concert. Fini les paroles subliminales et torturées, ce titre est à mon sens plus arrondi aux angles et destiné à un plus large public. Ce n’est pas un défaut en soi, cette chanson s’écoute avec plaisir, l’esprit Rock en moins. L’originalité du titre a retenu mon attention, et j’ai appris par la même occasion que la bataille de Kasserine était un épisode de la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord qui a eu des conséquences dramatiques pour Les troupes américaines sans expérience du feu qui ont été envoyées sur le terrain contre les Allemands en 1943. Fin de la grande Histoire et début de celle de Daytona.

 

Ces “Morceaux de lune” auront eu au moins le mérite de mettre à nouveau la lumière sur un groupe sur lequel il faudra encore compter. Il est des chemins qu’il faut savoir traverser toujours debout (en cela Detroit a ouvert la brèche) et il semblerait que Daytona se soit donné les moyens avec cet EP réussi. On leur donne bien volontiers rendez-vous sur les routes de France et de Navarre avec cette nouvelle galette.

 
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