Santié Papang, le premier album de Maya Kamaty disponible

Le parcours de Maya Kamaty n’est pas banal : un père musicien-chanteur, une mère conteuse, et une enfance à l’île de la Réunion dans une maison où poésie, contes et musiques ont élu domicile. Des parents impliqués, qui ont créé en 1979, le groupe Ziskakan, pour valoriser et propager la culture Réunionnaise. Une association, à la fois laboratoire d’études pour la langue créole et un ensemble artistique, dans lequel le théâtre, la poésie, la danse, le chant, le conte, la musique sont autant de vecteurs naturels qui  perpétuent avec force les valeurs représentatives de la culture Réunionnaise. Malgré ce terreau favorable, la vocation artistique est arrivée à son insu sur le tard. « J’ai été nourrie de tout ce que m’ont transmis mes parents et la bande qui passait à la maison ». Des écrivains, des poètes travaillant avec Ziskakan, le groupe de son père, Gilbert Pounia, Alain Peters, le chanteur-poète, décédé en 1995.


Elle part en France en 2006. Après des études de médiation culturelle, puis d’administration culturelle, à Montpellier, la graine semée par ses parents finit par prendre forme quand Maya intègre en tant que choriste le groupe Grèn Sémé. Le groupe se produira en 2008 au festival Sakifo… à la Réunion. La boucle est bouclée quand elle retourne s’y installer, il y a 5 ans pour écrire, chanter, et danser le créole à domicile. En 2013, Maya Kamaty est la première femme lauréate du Prix Alain Peters et du Prix des Musiques de l’Océan Indien. Enfin, ce 27 octobre 2014, elle met au monde son premier album, "Santié Papang", chez Atmosphériques.

Santié Papang, le premier album de Maya Kamaty disponible

L’album “Santié Papang” offre plusieurs lectures à l’auditeur. Il peut choisir de se promener sur des routes connues et dégagées avec des balades chaloupées qui se frottent aux percussions et aux guitares Folk (Ansanm, Ecris-moi, Comme un refrain, Mové Rev, Mazine, Véli, Pars).  Il peut aussi emprunter des chemins de traverse plus inédits avec des chansons aux essences traditionnelles qui titillent l’imagination et nous font dévaler les collines paisibles aux rivières palpitantes de son île natale (Son Zié, Ti Kok, Ti Brine). Il peut surtout découvrir la route des trésors avec des chants (Santié Papang, Interlude, Dernie Viraz, Zanfan) où la langue créole, le Maloya  et la force de l’a capella sont les diamants bruts de la chanteuse réunionnaise.

 

Ecouter la musique créole ne renvoie pas forcément aux clichés typiques de la doudou aux yeux noirs sirotant un ti-ponch nonchalamment sur une plage paradisiaque. Le premier album de Maya Kamaty, Santié Papang, a le mérite d’ouvrir une fenêtre différente et moderne sur les ballades créoles loin de ces clichés.

 

D’abord par le langage. L’album propose une rencontre inédite et délicate de la langue française moderne et de la langue créole ancestrale. Maya Kamaty chante d’une voix limpide, avec conviction et profondeur, des chansons qui rendent le créole doux à l’oreille, presque compréhensible par un non initié. Elle impose tout en douceur la force culturelle de ce langage  (deux titres sont écrits par le poète mauricien et ami Michel Ducasse). Elle fait le choix de chanter principalement en créole, « une langue imagée, qui a des rythmiques intéressantes dans le mot. Un de mes mots préférés, en créole, est « anvwadfami » poursuit Maya. « Cela veut dire en voie de famille… être enceinte ». Un mot utilisé dans les textes de Danyel Waro, le chamane du Maloya.


Ensuite les sonorités. Maya Kamaty associe avec intelligence des tonalités folk, des ballades sirupeuses et un répertoire blues ternaire traditionnel issu du chant des anciens esclaves, le Maloya. Il est le fil conducteur intrinsèque de cet opus, la clé hautement  symbolique d’une culture Réunionnaise vitale pour la chanteuse, tiré de son héritage familial qu’elle défend avec vigueur. Malgré son bannissement officiel jusque dans les années 80, le Maloya a su résister grâce à son peuple. Le temps de l’interdiction est révolu et il est aujourd’hui inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco. C’est également une bataille remportée par les femmes réunionnaises qui ont mis du temps avant d’oser s’emparer du Maloya. « Quand je vois le combat qu’a mené ma mère pour la langue créole et le Maloya, pour moi, c’est un exemple fort. C’est comme si, nous les femmes, nous étions monté dans le train en marche pour nous positionner, en tant que femmes, dans le Maloya » commente Maya.

Santié Papang, le premier album de Maya Kamaty disponible

Avec cet album, Maya Kamaty ne s’interdit rien. Surtout pas le droit d’aller vers là où elle ne pensait jamais aller. Santié Papang, c’est le pari réussi d’une petite fille des îles qui révèle en pleine lumière une culture créole bouillonnante, mature et pleine de modernité, sans rien renier de ses origines. Elle le partage maintenant aux oreilles du plus grand nombre, pour notre plus grand bonheur !

 

Nous avons été convié lors d’un showcase privé à découvrir l’univers de Maya Kamaty et nous n’avons pas été déçu. Une superbe ambiance, des rythmes percutants, des mets créoles et du ponch aux épices et la diffusion de la vidéo du premier extrait de l’album “Ecris-moi”. Une vidéo estivale, qui sent bon les vacances et les souvenirs d'une belle tournée.

 

Nous vous invitons à découvrir notre reportage photo de ce showcase sur notre album FlickR LA, ainsi qu’une petite session filmée par nos soins :

 


MAYA KAMATY - AIETV Live à Paris

Santié Papang, le premier album de Maya Kamaty disponible

Maya Kamaty est actuellement en tournée en France :

 

30/10/2014 : Le Pédiluve - Chateau - Malabry (95)

07/11/2014 : Les Liaisons Musicales - Marcq-en-baroeul (59)

15/11/2014 : Festival Vand'Influences - Vandoeuvre-les-Nancy (avec Mayra Andrade)

16/11/2014 : Auditorium - Saint Florent le Vieil (49)

20/11/2014 : Mundial Montréal - Montréal

07/03/2014 : Journée de la femme - Magny-les-Hameaux (78)

09/04/2015 : Le Coquelicot – Fougères (35)

10/04/2015 : Théâtre Victor Hugo – Fougères (35)

 

Plus d’infos sur sa page Facebook

 

En écoute :

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