Dick Annegarn     Photo : facebook.com/DickAnnegarnOfficiel

Dick Annegarn Photo : facebook.com/DickAnnegarnOfficiel

Dick Annegarn n’est pas tout à fait un artiste comme les autres.

 

Tout d’abord, par son parcours. A la fin des années 60, le déclic vient de la pièce « L’homme de la Mancha » joué par Dario Moreno.  Dick Annegarn, jusque-là  étudiant en agronomie envisage la musique comme une possibilité de vie. En total  autodidacte,  il compose et écrit des textes,  il apprend  la guitare, influencé par les disques folks et blues américains qu’il écoute. Des artistes comme Woody Guthrie. Bob Dylan ou Pete Seeger seront ses principales influences.

 

Originaire des Pays-Bas, le jeune Dick Annegarn a une âme de voyageur sans frontières. Il  posera d’abord ses valises en France, en s’installant dans la capitale parisienne au début des années 70 puis partira en Belgique, à Bruxelles, qui deviendra une chanson phare dans sa discographie en 1974. Ce poète invétéré rêve aussi  d’autres horizons. Pendant 10 ans, il délaisse la musique (tout en continuant d’enregistrer quelques opus) dans les années 80 pour  voyager, en particulier au Maroc, où il découvre la culture et la musique berbère. Il choisit aussi une vie vie plus underground, en vivant sur une péniche, et  participant à la vie associative de la banlieue parisienne.

 

Côté musique, issu du Petit Conservatoire de Mireille, il enregistre son premier album en 1973. Premier  succès immédiat avec des chansons comme Bruxelles, Sacré géranium…  Plusieurs autres albums suivront dans les années  1980, avec plus ou moins de succès et de nombreuses tournées.

 

 

Sa discographie est fournie et il aime multiplier les collaborations artistiques, que ce soit à l’occasion de l’album en public Ferraillages en 1979 avec le bluesman Robert Pete Williams, ou Frères ? en 1985, avec le saxophoniste Jean Avocat et l'accordéoniste Richard Galliano. Plus récemment il écrit des chansons pour Calogero, Raphael et Nosfell. Depuis 1997, avec  l'album Approche-toi,  il est fidèle au label Tôt ou Tard.

 

S’il est aujourd’hui une référence pour la jeune génération  de la chanson française, parmi lesquels Alain Souchon, Bénabar, Arno, Louis et Matthieu Chedid, Mathieu Boogaerts ou encore Bertrand Belin, qui ont rendu hommage à ses 30 ans de carrière  à travers l’album « Le grand Diner» sous-titré Tribute à Dick Annegarn, cet amoureux de la langue française reste un cas musical à part.

 

En 2006, le disque "Le Grand Dîner", sous-titré Tribute à Dick Annegarn, réunit des artistes comme Alain Souchon, Alain Bashung, Arno Hintjens, Louis Chedid, -M-, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin ou encore Bénabar, chacun reprenant des chansons de Dick en hommage à sa carrière de plus de 30 ans.

 

Dans les années 2000, Dick Annegarn se frotte aux blues avec l’album « Soleil du Soir », puis il reprend des classiques du répertoire folk-blues américain avec l’album « Folk-Talk ». Il s’essaie au cinéma dans le film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, « Mammuth » aux côtés de Gérard Depardieu et d'Isabelle Adjani. Ce qu’il préfère c’est surtout retrouver sa ferme dans le Sud-Ouest de la France, à Laffite-Toupière, où il organise chaque année le Festival du Verbe 2. Passionné de poésie, d’écriture pour les autres (Calogero, Raphael et Nosfell) et aussi pour lui avec son dernier album Velo Va paru le 29 avril 2014.

L’homme est aussi patient, car il aura attendu 40 ans pour  voir son nom en lettres capitales à nouveau sur la mythique façade de l’Olympia et fouler cette scène si particulière ce soir du 24 juin 2014. On pourrait croire que c’est une gageure de réduire en 2 heures de temps sa vaste carrière de 40 ans. C’est tout le contraire car Dick est en pays conquis, malgré ses changements de cap, ses longues pauses de la chanson, ses influences musicales des 4 coins du monde, le public a répondu présent. Cet Olympia est  un rendez-vous de fidèles pour ceux qui étaient là la première fois en 1974, dont les cheveux ont grisonnés, et qui amènent leur progéniture, nouvelle génération à adopter la musique Brel dans l’esprit et anglo-saxonne dans l’âme du Hollandais  poète.

Avant son arrivée, il laisse la place à la jeune génération représenté par Vianney avec sa guitare acoustique.

Vianney, qui est visiblement venu avec son fan-club, raconte en musique ses histoires du quotidien et dresse le portrait de personnes qui ont marqué sa vie, musicalement influencé par le répertoire de Maxime le Forestier ou de Brassens. Vianney veut faire comme « les grands », en s’appliquant sur sa guitare au détriment (le stress sans doute) des paroles dont le débit vocal s’apparente plus à un torrent que le flot naturel d’une source. Son point fort reste sa communication avec le public, qui rit à ses blagues et se plie bien volontiers à reprendre le refrain de son premier single « Je te déteste », extrait de son premier album à venir. Le public  passe un moment plutôt convivial avec cet apprenti chanteur et Vianney repart avec la satisfaction de l’artiste débutant qui a fait son premier Olympia.

 

Dick Annegarn traverse la scène avec un vélo à la main et sa guitare en bandoulière, comme il a traversé ses 40 ans de musique, un peu surpris et ahuri, comme un voyageur solitaire, qui pose sa besace de temps en temps pour enregistrer et délivrer sa musique sur scène, puis s'en retourne se ressourcer chez lui en Midi-Pyrénées à ses plantes et sa vie d'une simplicité désarmante. Sur cette scène de l'Olympia, il fait figure d'artiste de passage, déambulant sans se soucier du public et la promesse de féter ses 40 ans de carrière, sans chichis, uniquement avec ses chansons de toutes les couleurs en bandoulière et le coeur sur la main. Le vélo est mis en scène à l'Olympia, des roues de vélo suspendues  comme un rappel  au mode de déplacement écologique utilisé par ses compatriotes hollandais. C'est surtout un moyen de se déplacer plus facile que la marche selon Dick Annegarn.  Au-delà de la mise en scène, il utilisera également le riff de sonnette sur la chanson Vélo vole. 

 

Ce concert est à son image, surprenant, intemporel, mélancolique, drôle et familier à la fois, qu'il partage avec les gens qu'il aime, ses musiciens, Christophe CRAVERO (violon, piano, tambour, xylophone), Olivier KOUNDOUNO (violoncelle, xylophone), Christian SEGURET (mandoline, violon), Myriam SERFFAS (harpe), et fidèle parmi les fidèles, Freddy KOELLA (guitare, dobro, violon)Cet Olympia est également un tour d'horizon des chansons que Dick Annegarn a composées tout au long de sa vie, qui lui font célébrer pour l’occasion la sortie en grandes pompes de son dernier et magnifique album "Vélo Va" (Tôt ou Tard).

C’est avec nostalgie qu’il démarre avec la chanson "Le grand Diner". Ses paroles sont souvent d'une mélancolie drolatique, d'une tristesse à se pendre et d'un surréalisme poétique. Seul en scène, Dick Annegarn  nous invite à sa table musicale pour ce titre emblématique tiré de son premier album "Géranium". Dès les premières notes, Dick Annegarn est un style vocal et guitaristique à lui tout seul, avec un sens mélodique impressionnant qu'il maîtrise parfaitement. Dick Annegarn est aussi un comédien qui assure des chorégraphies impromptues, enjouées et décalées. C'est le cas du titre "Piste" où Dick Annegarn sur son xylophone s'aventure, comme un funanbule sans fil, sur le terrain d'un cirque émotionnel avec le public. Le titre "Oracle" sera enfin l'occasion pour Dick Annegarn de jouer en formation de cordes modulables. Vient l'heure de la "Transformation" à cheval sur sa vieille Gibson, qui ouvrent des voies psychédéliques, comme autant de routes mélodiques inédites vers le blues de son âme incandescente.

Un peu bossa, décidément nova, la chanson "Approche toi" essaie de tisser une certaine intimité à peine possible dans cette grande salle. Le jeu des lumières qui illumine chaque musicien et les roues suspendues. Il entreprend de nous emmener vers de nouveaux sillons, à l'image de ses propres voyages, d'abord le Moyen Orient, avec "Karlsbad" et avec un discours exigeant et personnel sur l'immigré qu'il reste selon lui, en reprenant seul sur sur scène dans un silence assourdissant, le magnifique et néanmoins politique "Brahim Amham". On descend vers l'Amérique du Nord, le temps de reprises du blues folk de  "Beautiful city" en duo avec Yael Naïm, et la cerise sur le gateau en trio avec Yaël Naim et Emily Loizeau sur un standard traditionnel du Blues envoutant et diablement émouvant "Careless love" de Bessie Smith. 40 ans de carrière, c'est aussi l'occasion rêvée de confondre les anciennes et les nouvelles chansons.

En 2014, tout roule pour Dick Annegarn. Pour son deuxième Olympia en 40 ans de carrière, il arrive sur scène avec un vélo hollandais à la main, et sa vieille Gibson de bluesman sur le dos. On dirait un peu le facteur de Jacques Tati, mais en couleur (pour distraire le spectateur), des chansons d’amour plein sa besace, et ça va se jouer à ce niveau de poésie légère et éternelle. Le vélo, ce n’est pas qu’un gimmick de mise en scène : c’est pour le riff de sonnette sur la chanson Vélo va, titre phare de son nouvel album, un de ses meilleurs, sacré sommet dans sa discographie. Trois musiciens arriveront aussi sur scène avec des vélos, jaunes.

Donc, 40 ans de carrière. Mais on s’en fout un peu, et lui le premier. On ne vient pas voir un monument, mais un chanteur dont l’œil, la langue et l’esprit pétillent, qui continue sa grande boucle, trace sa route en zigzags à l’écart du peloton. Ni devant ni derrière, juste ailleurs, peut-être plus haut. Dès les premières chansons, l’évidence s’impose : Dick Annegarn a un style (vocal, guitaristique, mélodique, chorégraphique) et il le maîtrise pleinement. Jouées en formation modulable (cordes, harpe, le Californialsacien Freddy Koella à la guitare et au violon), les anciennes chansons et les nouvelles se confondent, comme un petit feu de joie qui prend et se propage sans fin.

Pour l’histoire officielle, Dick Annegarn serait un genre de Brel blond un peu baba. En vrai, c’est un folk-singer à l’américaine mais francophone, qui raconte des histoires pendant et entre les chansons, chante la route (Bruxelles, Paris, Maroc, Tchécoslovaquie, USA…) et fait vivre son truc avec exigence, mais sans se prendre au sérieux. Et c’est aussi à Jonathan Richman qu’on pense, en admirant ses danses insolites, ses facéties émouvantes, ses références aux peintres, sa connexion idéale avec l’enfance de l’art.

Pour l’anniv’, quand même, trois invités : Yael Naïm, Emily Loizeau, Raphaël. Les deux premières pour des duos et un trio (sur une reprise deCareless Love de Bessie Smith). Le dernier pour des duos aussi, et une nouvelle chanson inédite en dernier rappel, qui n’a pas intérêt à rester inédite trop longtemps tellement elle nous a retournés. A la fin, le public a hué. Pas Dick Annegarn, mais les lumières qui se sont rallumées trop tôt, après deux heures et quelques d’un concert quand même un peu historique. Lève la tête Dick, tu avais l’air d’un champion.

 

 

1972 : Sacré géranium (Polydor)

1974 : Polymorphose (Polydor)

1975 : Mireille (Polydor)

1976 : Anticyclone (Polydor)

 

1981 : Citoyen (RCA Records)

1986 : Frères ? (Autoproduit, rééd. Nocturne)

 

1990 : Ullegarra (Nocturne)

1990 : Chansons fleuves (Nocturne)

1992 : InéDick (réenregistrement) (Nocturne)

1997 : Approche-toi (Tôt ou tard)

1999 : Adieu verdure (Tôt ou tard)

2002 : Un' ombre (Tôt ou tard)

2005 : Plouc (Tôt ou tard)

2007 : Soleilman (Actes Sud junior)

2008 : Soleil du soir (Tôt ou tard)

2011 : Folk Talk (Tôt ou tard)

2014 : Vélo Va (Tôt ou tard)

 

Le folk, un genre musical auquel il rendra hommage en 2011 avec le disque Folk-Talk.

 

. Cette ville, qu’il a chantée en 1974, le fera citoyen d’honneur bien des années plus tard. La légende prétend qu’il déteste sa chanson "Bruxelles", qu’il ne la chante jamais sur scène. Eh bien, faute de goût ou pas, ne boudons pas notre plaisir avec cette version du morceau en question par Alain Bashung.

 

tour d'horizon des musiques que Dick Annegarn a aimées, qui l’ont inspirées et qu’il a composées, à l’occasion de la sortie de son album "Vélo Va", d’un concert à l’Olympia le 24 juin 2014 et de ses 40 ans de carrière.

 

C’est avec nostalgie qu’il nous propose d’entendre "La quête" par Jacques Brel, extrait de la comédie musicale.

 

C’est en Midi-Pyrénées qu’il arrête son vélo, dans la commune de Laffite-Toupière où il organise tous les ans le festival du Verbe.

 

Certes, il n’a jamais souhaité être un musicien reconnu et adulé, mais sa passion pour la musique est bien réelle. Il suffit de l’entendre parler de "Ruby, My Dear" de Thelonious Monk ou d’"Alabama" de John Coltrane pour s’en convaincre.

 

 

 

Spectacle de Dick ANNEGARN à l'Olympia 24 juin 2014, créé et produit par ZOUAVE Production

avec Christophe CRAVERO, violon, piano, tambour, xylophone, Olivier KOUNDOUNO, violoncelle, xylophone, Christian SEGURET, mandoline, violon, Myriam SERFFAS, harpe, Freddy KOELLA, dobro, violon, Emilie LOIZEAU, chant, Yael NAÏM, chant, Raphael HAROCHE, chant, guitare, Jean-Pierre SOULES, régie générale, Fabien GIRARD, son, Serge FALGA, lumière

 

Setlist :

Le grand dîner

Piste

Oracle

La transformation

Approche-toi

Karlsbad

Beautiful City

Vélo vole

Adieu verdure

Mireille

Bébé éléphant

Bruxelles

Brahim Amham

Agostino

Pire

Ubu

Les tchèques

Careless love

Sacré géranium

D'abord un verre

Théo

2CMIÖ

 
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report

Comme l'incontournable "Bruxelles" qu'il a chantée en 1974 justement, et en l'interprétant  en communion totale avec son public, il fera mentir la légende selon laquelle il ne l'a chante jamais sur scène. Ou encore ce "Sacré Géranium" qui refuse de prendre une ride et qui enthousiasme encore par sa simplicité et son efficacité. "Mireille" nous fait encore de l'oeil et de l'effet, et son "Bébé Elephant" s'il a bien grandi, nous reste comme une sucette qu'on voudrait garder en bouche le plus longtemps possible. S'il sait rester seul en scène pour les chansons graves, Dick Annegarn a aussi le sens de la famille musicale. Les vélos jaunes reviennent avec les musiciens pour entonner, l’œil et la langue pétillants, le père Ubu le bien nommé.   

L'auditoire le précède en entonnant avant qu'il commence, mais son interprète a décidé de faire des mots d'esprits, histoire de donner le départ sur ce titre mythique du répertoire Annegarnien. Le public participe à la fête, tout cela est bon enfant mais Dick Annegarn a décidé qu'il était seul maître à bord de cette chanson et renvoie un à un ses musiciens. On prend une bonne lampée de rigolade, les zygomatiques se détendent, c'était le moment détente du concert. On est bien. 

Bien que Dick Annegarn n'ait jamais souhaité être un musicien reconnu et adulé,  sa passion pour la musique est intacte et bien réelle, tout comme pour l'Art en général et la peinture en particulier. Un bel hommage est rendu à Vincent Van Gogh quand il interprète "Théo", qui reprend une des nombreuses correspondances du peintre à son frère. Il y aura encore quelques cerises sur le gateau de ses 40 ans de carrière : d'abord le partage avec son ami de toujours, qui se fait trop rare, le chanteur Raphael, vêtu d'une veste de daim à franges avec lequel il joue d'une complicité si évidente, une poésie légère et éternelle. Enfin, un titre inédit en rappel, qui ne le sera certainement plus très longtemps, pour clore ce concert historique. 

Dick Annegarn nous a choyé, épaté, rassemblé et ressemblé  pendant 2 heures. Il a tracé sa route, ne regardant ni devant ni derrière, à sa cadence avec des chansons bourrées d'amour, des paraboles poétiques élégantes,  des clins d'oeil pétillants,  comme autant d'immenses feux de joie qui nous dévorent le coeur, nous consument et se propagent à l'infini. Merci Monsieur.

Setlist :

Le grand dîner

Piste

Oracle

La transformation

Approche-toi

Karlsbad

Beautiful City

Vélo vole

Adieu verdure

Mireille

Bébé éléphant

Bruxelles

Brahim Amham

Agostino

Pire

Ubu

Les tchèques

Careless love

Sacré géranium

D'abord un verre

Théo

2CMIÖ

 

Les photos du concert ci-dessous :

Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report
Dick Annegarn fête ses 40 ans de carrière à l'Olympia, live report

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